Thématique
Cette journée de recherche vise à développer la réflexion scientifique sur la place du projet dans la constitution des collectifs et des régulations.
Le projet, tel que nous l’envisageons, est présent dans l’action. Des universités ou des hôpitaux se dotent d'un projet d'établissement au terme de démarches mobilisatrices parfois extrêmement ambitieuses. Le secteur associatif se réclame de projets singuliers, à l'origine d'univers de prestations très importants, alors même que l'Etat et le marché sont défaillants. Le monde de l'entreprise donne aussi à voir des projets affirmés qui s'inscrivent de façon singulière dans le temps et l'espace, et dont la singularité n'est pas sans répercussion sur les régulations économiques et sociales. A l’échelle plus large de collectivités, de territoires ou de nations, on parle aussi volontiers de projet pour affirmer des politiques ou parfois pour regretter leur absence. La présence du projet s’est ainsi étendue dans nombre d’univers, bien au-delà de ceux pour lesquels il a toujours constitué l'expression normale ou privilégiée de l'activité (l'univers du spectacle, de nombreuses activités culturelles, voire les activités scientifiques, par exemple). La pluralité des regards souhaités trouve ici une première expression.
Si l’on définit le projet comme effort d’intelligibilité et de construction de l’action fondé sur l’anticipation, c’est donc la question de la rationalisation de l’action qui est posée à travers la dynamique des savoirs et des relations que met en jeu le projet. De ce point de vue, des questions se posent sur la constitution des collectifs, l’engagement et la participation des personnes et notamment sur la construction des représentations et du sens sans oublier les phénomènes de pouvoir. Des questions se posent aussi sur les dispositifs de management par lesquels ces dynamiques de savoirs et de relations s’inscrivent dans les organisations. On mesure immédiatement que diverses disciplines (management, économie, sociologie, sciences cognitives…) préoccupées de l’action se montrent susceptibles de contribuer à la réflexion. L’anthropologie et la philosophie, notamment de l’action, ne sauraient être exclues des débats. La pluralité des regards souhaités trouve là une deuxième expression.
Le projet peut aussi se comprendre comme l’ensemble des règles internes et externes qu’un collectif se reconnaît, par lesquelles il s’autonomise et devient source de régulation. En termes plus économiques et plus concurrentiels, on peut dire aussi que le projet participe de la définition du potentiel compétitif de l’entreprise à travers les métiers et missions par lesquels il s’actualise. Ce qui est ici suggéré, c’est une réflexion sur la genèse et la transformation des régulations comprises comme rencontre ou confrontation des projets des acteurs (entreprises, acteurs publics, instances de régulation…). La variété des contextes, les divers niveaux d’analyse possible des régulations, la pluralité des lectures des régulations et des règles fondent ici une autre expression des regards pluriels attendus.
Ces questionnements suggérés ne prétendent nullement être exclusifs pour aborder la place d’une notion que beaucoup d’auteurs mettent au cœur du paradigme de la complexité et des épistémologies constructivistes. Nous considérons aussi que cette notion de projet est indispensable pour fonder une théorie de l’entreprise et une théorie de l’action volontaire et réfléchie entre les déterminismes du marché et du plan. A côté des travaux qui mêlent théorie et terrain, les contributions fondamentales et critiques sont les bienvenues afin que cette première journée ouvre la voie à des débats que pourraient reprendre des journées ultérieures.
Mots clés : projet, règle, rationalisation, régulation, découplage, désencastrement, théorie de l’action, agir projectif, agir d’adaptation, intentionnalité, logique d’action, activité de conception, transversalité, sens, responsabilité, engagement, implication, anticipation, plan, conseil, expertise, risque, bénévolat, don.
Le Comité scientifique
Comité scientifique élargi[1]
Marie-José Avenier, CERAG, Grenoble
Isabelle Berrebi-Hofmann, sociologie, LISE, CNRS, CNAM Paris
Stéphan Bourcieu, Audencia, Nantes
Jean-François Chanlat, Université Paris-Dauphine
Brigitte Charles-Pauvers, Université de Nantes
Albert David, Ecole des Mines de Paris
Mathieu Detchessahar, Université de Nantes
Régis Dumoulin, Université d’Angers
Gilles Garel, Université de Marne la Vallée
Pierre-Yves Gomez, EM Lyon
Yvonne Giordano, Université de Nice
Patrice Guillotreau, économie, Université de Nantes
Lionel Honoré, Université de Nantes
Isabelle Huault, Université Paris-Dauphine
Patrick Joffre, IAE de Caen-Basse-Normandie
Benoît Journé, Université de Nantes
Hervé Laroche, ESCP-EAP, Paris
Yannick Lemarchand, Université de Nantes, MSH
Frederic Leroy, Audencia, Nantes
Mohamed Merdji, Audencia, Nantes
Christophe Midler, Ecole Polytechnique, Paris
Dominique Pécaud, sociologie, Université de Nantes
Jean-Louis Pernin, Université Paul Sabatier, Toulouse
Jean-Jacques Pluchart, Université Panthéon-Assas, Paris II
Anne-Laure Saives, UQAM ESG, Montréal
Nathalie Schieb-Bienfait, Université de Nantes
Arnaud Stimec, Université de Nantes
Bertil Sylvander, INRA Toulouse
Ronan Le Velly, sociologie, Université de Nantes
Bertrand Venard, Audencia, Nantes
Caroline Urbain, Université de Nantes
[1] Susceptible d’élargissement pour représenter des sensibilités et des compétences éventuellement insuffisamment présentes
Comité scientifique local de pilotage
Jean-Pierre Bréchet
Stéphan Bourcieu
Brigitte Charles-Pauvers
Patrice Guillotreau
Benoît Journé
Frederic Leroy
Mohamed Merdji
Dominique Pécaud
Nathalie Schieb-Bienfait
Ronan Le Velly
Bertrand Venard
Caroline Urbain
Les dates à retenir
Date limite d’envoi des intentions de communication (1 à 2 pages, précisant dans la mesure du possible la problématique, la méthodologie et le référentiel théorique) : 30 octobre 2005
Réponse sur les intentions : 30 novembre 2005 au plus tard
Date limite de remise des propositions de communication : 28 février 2006
Retour des évaluations aux auteurs : 21 avril 2006
- Date limite d’envoi des versions finales : 15 mai 2006
Soumission et évaluation
Les communications seront proposées au format habituel des communications des Conférences de l’AIMS (http://www.strategie-aims.com/instrucAuteurs.html ). Elles feront l’objet d’une évaluation et d’une sélection par les membres du comité scientifique. Le thème de la Journée fera l’objet d’une table ronde lors de la Conférence AIMS 2006 (Annecy-Genève). Les communications seront adressées sous forme électronique au comité organisateur (mschleder@audencia.com ). Au regard du nombre et de la complémentarité des contributions, un projet éditorial sera envisagé sur la base d’une sélection opérée par le comité scientifique. Un travail d’amélioration et d’homogénéisation pourrait alors être demandé aux auteurs.
Les responsables scientifiques tiennent à insister sur le fait que l’objectif premier de l’atelier est de favoriser les échanges et les débats sur le thème retenu.