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Interview du GICAT par un étudiant Audencia

11 décembre 2018
Alberic DENYS, étudiant Audencia promo 2019 a réalisé une interview avec François Mattens, Directeur de la communication et des affaires publiques du GICAT (Groupement des industries de défense et de sécurité terrestres et aéroterrestres) :

Pour de nombreux étudiants en école de commerce avec une spécialité en Business Development, les industries de défense fascinent autant qu’elles semblent impénétrables. Légions sont ceux pensant qu’il est nécessaire d’avoir une qualification d’ingénieur pour y rentrer, ou qu’il faut à minima posséder de solides connaissances techniques en matière d’armement. Beaucoup n’osent donc pas pousser la porte, alors même que les motivations qui les animent semblent sérieuses. De mes échanges, j’ai notamment retenu la fierté d’avoir dans son pays une industrie d’excellence qui garantit son indépendance mais aussi l’intérêt pour un secteur à la croisée d’enjeux géopolitiques, militaires et technologiques.

Plus pragmatiquement, les industries de défense françaises recrutent et performent à l’international comme on a pu le voir récemment avec la vente de 1,6 milliards d’euros de Nexter à la Belgique (véhicules GRIFFON et JAGUAR).

Pour un business developer, la promesse est belle : vente complexe sur cycle de vente long, clients institutionnels dans un contexte international, tour de négociation à haute intensité, etc.

Afin de ne pas manquer l’occasion, les réponses de François Mattens, porte-parole du GICAT seront sûrement utiles pour les potentiels candidats souhaitant éclairer quelques zones d’ombre.

Devenir Business Developer dans une industrie de défense s’avère parfois compliqué quand on a uniquement une formation d’école de commerce. Ces expériences semblent réservées aux étudiants ayant fait leur passage dans une école d’ingénieur. Qu’en pensez-vous ?

Le secteur de l'industrie de défense est intrinsèquement peuplé de personnes aux profils scientifiques et d'ingénieurs. Cela se comprend tout à fait par le fait de la nécessité de mettre en oeuvre des compétences techniques pointues pour réaliser et comprendre des systèmes et technologies complexes.

Cependant, le métier de Business Developer n'est pas du tout cantonné au profil "Ingénieur-Commercial" comme on peut le croire. L'industrie de Défense permet à des personnes issues d'Ecole de commerce de faire de très belles carrières dans les directions commerciales bien entendu, mais également en Stratégie ou encore dans les RH.

Pour ces profils école de commerce souhaitant devenir business developer dans une entreprise du monde de la défense, quelles formations complémentaires leur suggèreriez-vous afin de muscler leur C.V ?

Si certains étudiants souhaitent monter en compétence dans ces domaines, plusieurs types de formations existent :

Les Ecoles d'ingénieurs permettent désormais de faire un Master 2 ou un Master Spécialisé en 1 an, pour acquérir des compétences dans le domaine de la technique, de la recherche et de la production. Sciences Po propose par exemple une filière "Sécurité-Défense". Les formations proposées par l'Institut des Hautes Etudes de la Défense Nationale (IHEDN) permettent aussi de gagner en compétence sur les enjeux de défense. De nombreuses autres sont dispensées à l’IRIS ou à l’université Panthéon-Assas, par exemple.

Selon vous, quelles sont les compétences clés à maîtriser pour devenir Business Developer dans une industrie de défense ? Y a-t-il besoin d’être un spécialiste technique du monde de l’armement ?

Il n'est pas du tout indispensable d'être un spécialiste technique du domaine. Une des compétences les plus importantes est d'avoir un intérêt personnel pour les enjeux de défense et la technologie. Nous sommes dans un secteur de personnes passionnées par leur métier, qui pour la majorité ont choisi d'y entrer. C'est cette passion qui fait l'excellence de notre secteur, aussi bien en France qu'à l'international. En complément, il est indispensable d'être curieux, ouvert d'esprit, pro-actif. Bref, être doté cette compétence centrale qu'est l'intelligence situationnelle.

Les industries de défense font partie des industries les plus internationalisées : quelles sont les langues utiles à maîtriser et pour quelles raisons ?

Dans notre secteur, comme beaucoup d'autres, l'anglais n'est pas considéré comme une langue étrangère... Elle est indispensable ! L'Allemand et l'Espagnol sont également très appréciés. En fonction des zones sur lesquelles vous souhaitez évoluer, certaines langues rares sont une vraie plus value aussi bien à l'embauche que pour nouer une relation de confiance avec vos clients et partenaires : l'arabe pour le Moyen-Orient par exemple.

Pourquoi choisir une industrie de défense plutôt qu’une autre ?

De manière très pragmatique, l'industrie de défense française est l'une de celles qui recrutent le plus depuis plusieurs années. La diversité des métiers vous permettent de rencontrer des personnes avec des profils très variés, dans un écosystème très "challenging" intellectuellement. Les perspectives d'évolution de carrière sont très bonnes, notamment pour ceux qui souhaitent "voir du pays" grâce à une industrie qui fait de la France le 3e exportateur mondial d'armement au monde.

Très peu de gens regrettent d'avoir sauter le pas d'intégrer l'industrie de défense et beaucoup ont du mal à la quitter tant les gens qui y travaillent sont passionnés.

François Mattens, Directeur de la communication et des affaires publiques du GICAT

 

Une autre voie existe pour ceux souhaitant se rapprocher du milieu militaro-industriel, que je me permets d’ajouter puisque c’est une voie que je vais emprunter :

Il s’agit du Partenariat Grandes Ecoles de l’ESM Saint-Cyr. Ouvert à une série d’écoles de commerce (Audencia Business School), d’ingénieur et quelques facultés triés sur le volet, ce partenariat exceptionnel permet de découvrir le milieu militaire en passant six mois à Saint-Cyr et devenir, au terme de cette période, officier de réserve. Participant directement au renforcement du lien armée-nation, il permet aux étudiants d’enrichir leur profil avant que de se tourner vers l’industrie de défense. La notice descriptive, ainsi que les prérequis pour postuler : 

Notice

Si Saint-Cyr orientera vers les industries de défense terrestres, des équivalents existent aussi dans la marine. À ce sujet, Frank Dormont, directeur de la communication d’Audencia Business School et ancien de chez NAVAL GROUP rappelle le caractère stratégique de l’économie bleue. Cette dernière génère l’équivalent de 14% du PIB et le secteur pourrait peser jusqu’à 1 million d’emplois d’ici à 15 ans.

À vos CV !

Albéric Denys de Bonnaventure


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