21/01/2026

Le patrimoine immatériel : un levier de performance encore sous-exploité dans les entreprises familiales

Chaire Entrepreneuriat Familial et Société

Face aux mutations économiques et sociétales, les entreprises familiales françaises réaffirment la place centrale de leur patrimoine immatériel : un capital invisible, fait de culture, de réputation et de savoir-faire, qui structure leur identité autant qu’il conditionne leur compétitivité. L’étude 2025 de l’Observatoire National de l’Entrepreneuriat Familial réalisée par la Chaire Entrepreneuriat Familial & Société d’Audencia avec CIC Banque Privée, mis en œuvre par Norstat, révèle une prise de conscience accrue de cette richesse au cœur des entreprises familiales et met en lumière les fragilités et paradoxes qui l’accompagnent.

Les entreprises familiales, qui représentent 83 % du tissu économique français, reposent sur un patrimoine matériel et financier mais surtout sur un capital bien plus puissant et discret : le patrimoine immatériel. Cet ensemble d’éléments invisibles — réputation, relations de confiance, culture d’entreprise, valeurs et savoir-faire transmis — constitue un levier majeur de performance et un repère identitaire fort dans ces organisations ancrées dans le temps long. Pourtant, ce patrimoine reste difficile à définir et à formaliser, alors même qu’il influence l’engagement des salariés, la fidélité des partenaires, la résilience des modèles et la qualité des transmissions générationnelles. 


Face aux enjeux d’innovation, de recrutement et d’adaptation rapide, ce capital immatériel apparaît comme un atout stratégique… mais aussi comme un terrain de tensions pour les dirigeants chargés de le préserver tout en le faisant évoluer. 
 

Un levier majeur de performance 

L’étude révèle un consensus fort : le patrimoine immatériel est perçu comme un actif stratégique majeur. Sa force s’exprime aussi bien en externe que dans la dynamique interne.

Côté externe, il agit comme un véritable amplificateur de confiance :
•    95 % estiment qu’il améliore la réputation de l’entreprise,
•    93 % qu’il renforce la fidélité des clients,
•    93 % qu’il favorise la confiance des partenaires,
•    et 84 % qu’il facilite les relations avec les acteurs locaux.

Cette reconnaissance presque unanime montre que ce capital immatériel fonctionne comme un “contrat moral” qui crédibilise l’entreprise au sein de son écosystème.

En interne, les bénéfices sont tout aussi évidents :
•    92 % jugent qu’il renforce la fierté d’appartenance,
•    87 % qu’il stimule l’engagement,
•    86 % qu’il améliore le dialogue social,
•    et 82 % qu’il favorise la rétention des talents.

Autrement dit, le patrimoine immatériel agit comme une véritable force de cohésion, facteur déterminant dans des organisations où la dimension humaine prime.
 

Un concept encore mal maitrisé 

Si 76 % des dirigeants déclarent connaître le terme, seuls 25 % affirment en avoir une idée précise. La compréhension progresse avec l’expérience de la transmission familiale : 67 % des dirigeants issus de la famille propriétaire connaissent la notion « mieux que de nom », et 54 % en première génération car la notion est moins connue des dirigeants.

Les dimensions de l’entreprise les plus associées au patrimoine immatériel restent sa réputation (85 %), sa culture d’entreprise (78 %) et son savoir-faire (76 %), confirmant l’importance des facteurs identitaires et relationnels.
 

Un actif précieux mais parfois contraignant

Paradoxalement, ce même héritage peut générer des contraintes, notamment lorsqu’il devient trop rigide ou qu’il semble intouchable. Près de la moitié des dirigeants (48 %) estiment ainsi qu’il limite la mobilité interne, et 35 % qu’il freine l’attraction de nouveaux talents.

Les enjeux deviennent encore plus marqués lorsque l’entreprise doit se transformer :
•    36 % jugent qu’il complique les transformations,
•    35 % qu’il restreint les options stratégiques,
•    34 % qu’il ralentit la prise de décision,
•    32 % qu’il limite la croissance.

Le secteur du commerce se révèle particulièrement sensible à ces tensions : 38 % de ses dirigeants considèrent que le patrimoine immatériel freine l’innovation, dans un marché où les modèles doivent évoluer rapidement.
Les jeunes dirigeants (< 45 ans) sont également plus critiques : 57 % estiment que cet héritage entrave la mobilité interne, ce qui marque un véritable décalage générationnel dans la perception des traditions et des pratiques héritées.
 

Une recherche d’équilibre constante

L’étude fait apparaître une conviction largement partagée :

-    97 % des dirigeants jugent nécessaire de préserver le patrimoine immatériel pour garantir l’avenir de l’entreprise. 
-    Mais ils sont tout aussi nombreux à refuser une conservation figée : 67 % affirment qu’il doit évoluer.
 

La majorité (56 %) adopte une approche intermédiaire – une préservation majoritaire avec adaptations –, cherchant à préserver le cœur identitaire tout en modernisant les pratiques devenues obsolètes.

Cette vision se reflète aussi dans les leviers jugés les plus efficaces :
•    la transmission des pratiques internes (94 %),
•    la fidélisation des salariés (93 %),
•    et la pérennité des relations clients-fournisseurs (93 %).

Ces priorités montrent que les dirigeants privilégient d’abord l’humain et les relations, avant les processus ou les outils formels.
 

Transmission : un enjeu structurant pour l’avenir

La transition générationnelle reste un moment clé. Une majorité (57 %) des dirigeants préfèrent une transmission progressive, permettant d’accompagner pas à pas la nouvelle génération et de lui transmettre les codes, les réseaux et la culture.

Plus l’entreprise est ancienne, plus cet attachement au familial se renforce :
•    72 % des dirigeants d’entreprises de plus de 50 ans souhaitent transmettre la propriété à la famille,
•    69 % veulent confier la direction opérationnelle à un membre de la famille.

Ces chiffres illustrent la profondeur de l’ancrage familial dans la construction du patrimoine immatériel.
 

Un actif déterminant pour la pérennité

L’édition 2025 nous montre la nature paradoxale et multidimensionnelle du patrimoine immatériel des entreprises familiales. Les dirigeants reconnaissent qu’il peut être un avantage concurrentiel durable, renforce l’engagement, stabilise les équipes et nourrit la réputation. 

Mais il doit être piloté avec lucidité pour éviter qu’il ne devienne un frein à l’innovation et à l’agilité. La capacité à conjuguer préservation et évolution apparaît ainsi comme l’enjeu central de la pérennité des entreprises familiales françaises.
 

Consultez le rapport d’étude complet à ce lien.

Méthodologie de l’enquête :
L’étude a porté sur 305 dirigeants d’entreprises familiales françaises de 10 salariés et plus. La représentativité de l’échantillon est assurée par les critères de région (UDA 5), de taille d’entreprise et de secteur d’activité. Les entreprises de grande taille ont été surpondérées dans l’échantillon pour permettre des analyses approfondies, puis leur poids a été réduit lors du redressement pour assurer la représentativité nationale. Les données de cadrage utilisées pour établir les quotas sont issues des statistiques les plus récentes de l’INSEE au moment de l’étude. La collecte des données a été réalisée du 5 mars au 11 avril 2025.
 

A propos d'Audencia

Fondée en 1900, Audencia se positionne parmi les meilleures Ecoles de Management européennes. Elle est accréditée EQUIS, AACSB et AMBA. Première Ecole de Management en France à adhérer à l’initiative Global Compact des Nations Unies, également signataire de leurs Principles of Responsible Management Education, Audencia s’est très tôt engagée à former et accompagner des managers innovants et responsables, dotés de compétences hybrides, qui contribuent positivement aux grands enjeux auxquels nos organisations, nos sociétés et notre planète, sont confrontées. Audencia a également créé Gaïa, la toute première école adossée à une business school dédiée à la transition écologique et sociale. En co-création avec ses parties prenantes, Audencia produit et diffuse des connaissances qui ont un impact sur la littérature scientifique, le contenu de ses formations, les pratiques des entreprises et la société dans son ensemble. Elle contribue ainsi aux trois défis majeurs suivants : la création et l’utilisation de technologies et d’information responsables, la définition et l’adoption d’approches managériales favorisant des organisations et des sociétés inclusives et la conception et la mise en œuvre de modèles d’affaires et de développements soutenables. Audencia propose des programmes en management et en communication allant du bachelor au doctorat.  Elle a signé des accords avec plus de 280 institutions académiques à l’étranger, et plus de 900 entreprises nationales et internationales. Elle accueille plus de 8 800 étudiants, dispose d’un corps professoral de 187 enseignants-chercheurs et d’un réseau de plus de 47 000 diplômés. 

A propos du CIC Banque privée

CIC Banque Privée accompagne ses clients depuis 1859 dans la gestion et la valorisation de leurs intérêts financiers, tant professionnels que privés. Adossée à un groupe national solidement ancré dans les dynamiques économiques régionales et résolument tourné vers l’international, l’institution propose une offre de services à forte valeur ajoutée en ingénierie financière et patrimoniale, en allocation d’actifs et en gestion financière, au service d’une relation bancaire globale et personnalisée. Depuis 2023, CIC Banque Privée est partenaire de la Chaire, en apportant son soutien à l’Observatoire National de l’Entrepreneuriat Familial.

A propos de la Chaire Entrepreneuriat Familial et Société

La chaire Entrepreneuriat Familial & Société a été lancée en juin 2013. L’expertise académique de la chaire, consacrée aux familles entrepreneuriales et aux entreprises familiales, est reconnue au niveau régional, national et depuis 2016 à l’échelon international avec son entrée dans le réseau mondial The STEP Project Global Consortium. Ses mécènes sont le CIC Ouest, le Crédit Mutuel Equity, ainsi que le cabinet Cornet Vincent Ségurel. La chaire peut également compter sur le soutien de ses partenaires le CIC Banque Privée et le MEDEF Vendée.

Contacter les relations presse
Axelle Chevy
Axelle Chevy
Media Relations Manager
Marina Normand
Marina Normand
Media Relations Officer
Entreprises Recherche