04/11/2026 Temps de lecture : 12 minutes

Faire un doctorat en travaillant : est-ce vraiment possible ?

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En résumé, préparer une thèse de doctorat tout en exerçant une activité professionnelle est accessible grâce à des dispositifs adaptés aux contraintes des salariés, des fonctionnaires et des cadres expérimentés :

  • Formats flexibles : contrat CIFRE en entreprise (36 mois), doctorat à temps partiel étalé sur 4 à 6 ans, ou Executive PhD hybride (en ligne et présentiel sur 3 ans).
  • Financement garanti : maintien du salaire habituel, contrat doctoral public ou rémunération minimale CIFRE de 27 600 euros brut par an.
  • Organisation ciblée : régularité de travail chaque semaine, soutien hiérarchique, sujet ancré dans votre pratique et suivi régulier avec le directeur de thèse.
  • Accessibilité sans limite d'âge : faisable à 40 ans ou plus pour valoriser des idées de terrain et transformer son expérience en expertise scientifique reconnue.

De plus en plus de cadres, fonctionnaires et professionnels expérimentés souhaitent reprendre des études de haut niveau sans mettre leur carrière entre parenthèses. Bonne nouvelle : concilier emploi et recherche est tout à fait possible, à condition de choisir le bon dispositif.

Ce guide vous présente les formats existants, les solutions de financement, les méthodes d'organisation pour mener une thèse de doctorat en parallèle de votre activité, et une solution pensée pour les actifs : l'Executive PhD.

Découvrir l'Executive PhD

Est-il possible de faire un doctorat tout en travaillant ?

Oui, c'est possible. Chaque année, des milliers de doctorants mènent leur thèse en parallèle d'une activité professionnelle, que ce soit dans le privé, la fonction publique ou par choix personnel. Mais soyons clairs : cela demande une organisation rigoureuse et la capacité à concilier des obligations professionnelles exigeantes avec le rythme soutenu d'un travail de recherche. Trois profils se dégagent particulièrement.

Faire une thèse en travaillant dans le secteur privé

De plus en plus de salariés préparent leur doctorat tout en restant en poste, notamment grâce au dispositif CIFRE, qui permet de mener sa recherche directement en entreprise. D'autres optent pour un aménagement plus informel : un cadre en CDI peut, par exemple, négocier avec sa hiérarchie des missions compatibles avec son sujet de thèse, voire un temps partiel dédié à la recherche. Comme le racontent plusieurs jeunes diplômés interrogés par la presse étudiante, les deux mondes finissent souvent par s'enrichir mutuellement : l'expertise universitaire nourrit les missions professionnelles, et inversement. Ce format exige toutefois une discussion franche avec son employeur dès le départ, pour fixer des créneaux clairs dédiés à la recherche.

Faire une thèse en étant fonctionnaire ou professeur

Les enseignants et agents publics disposent de leviers spécifiques pour reprendre un doctorat. Certains bénéficient d'une décharge partielle de service, d'autres d'une disponibilité pour études ou d'un congé de formation, selon leur statut et leur académie. Les enseignants-chercheurs peuvent aussi intégrer des vacations ou des missions d'enseignement complémentaires dans leur contrat doctoral, ce qui permet de rester en activité tout en avançant sur leur thèse. Dans tous les cas, mieux vaut anticiper les démarches administratives plusieurs mois à l'avance : les autorisations ne sont jamais automatiques et dépendent souvent de l'accord de l'établissement employeur.

Faire un doctorat pour le plaisir et l'accomplissement personnel

Tout le monde ne se lance pas dans un doctorat pour des raisons de carrière. Beaucoup d'actifs reprennent des études par passion, curiosité intellectuelle ou envie de donner du sens à une reconversion. Ce choix, souvent motivé par l'envie d'approfondir un sujet qui les anime depuis longtemps, demande les mêmes efforts qu'un doctorat classique : un travail de fond, de la rigueur, et un vrai dialogue avec son employeur si l'activité professionnelle se poursuit à temps plein. L'essentiel reste le même pour tous les profils : trouver un équilibre tenable entre vie professionnelle et exigences de la recherche.

Doctorat CIFRE et formats pour les professionnels en France

Au-delà de la volonté personnelle, certains dispositifs ont été spécialement pensés pour concilier recherche et activité professionnelle. Trois formats reviennent souvent chez les actifs qui veulent se lancer : la thèse CIFRE, le temps partiel, et le doctorat à distance.

La thèse CIFRE réalisée en entreprise

La convention industrielle de formation par la recherche (CIFRE) permet à une entreprise de recruter un doctorant pour mener un doctorat en entreprise en lien direct avec un laboratoire public. Concrètement, le salarié-doctorant partage son temps entre les deux structures, avec un salaire d'embauche au moins égal à 27 600 euros brut par an.

La force de la thèse CIFRE repose sur un double encadrement : un directeur de thèse universitaire qui garantit la rigueur scientifique, et un responsable au sein de l'entreprise qui ancre les travaux dans des problématiques concrètes. Le doctorant reste inscrit à l'école doctorale rattachée au laboratoire académique, et la convention est signée pour trente-six mois, prorogeable dans certains cas.

Le doctorat à temps partiel et à distance

Tout le monde ne peut pas, ou ne veut pas, signer un contrat CIFRE. Pour les actifs très occupés, le doctorat à temps partiel reste la voie la plus répandue : la quotité consacrée à la thèse doit généralement atteindre au moins 50 %, ce qui permet d'étaler le travail de recherche sur six ans au lieu de trois.

Quant au doctorat à distance, il reste rare en France : peu d'écoles doctorales l'autorisent à 100 %, mais plusieurs proposent un format hybride combinant séminaires en ligne et regroupements ponctuels. Cette flexibilité varie fortement selon les disciplines : les sciences humaines et sociales offrent souvent plus d'autonomie, quand les sciences expérimentales exigent une présence régulière en laboratoire.

Pour y voir plus clair, voici un comparatif des trois formats :

FormatDuréeFinancementPrésence requiseProfil idéal
CIFRE36 mois (prorogeable)Salaire via contrat de travail, aide ANRTPartagée entreprise/laboratoireSalarié avec projet aligné sur son poste
Temps partielJusqu'à 6 ansVariable (autofinancement, bourse partielle)Flexible selon disciplineActif en poste cherchant un équilibre durable
À distance3 à 6 ansVariableLimitée, regroupements ponctuelsProfil autonome, éloigné géographiquement

Est-on rémunéré pendant un doctorat ?

Voilà une question qui revient sans cesse chez les candidats, et la réponse est clairement oui. Entre contrat de travail, bourses et financements publics, plusieurs voies permettent de financer sa thèse sans se ruiner, à condition de choisir le bon dispositif dès le départ.

La rémunération par un contrat CIFRE ou un emploi salarié

La voie la plus directe reste le contrat de travail. Avec une thèse CIFRE, le doctorant est embauché en CDI ou en CDD par l'entreprise qui porte le projet de recherche : le salaire minimum brut annuel s'élève à 26 400 euros en 2025, et grimpera à 27 600 euros en 2026. Pour les professionnels déjà en poste, une autre option existe : négocier un aménagement avec son employeur pour préparer un doctorat à temps partiel tout en conservant son contrat de travail et son salaire habituel. C'est souvent la solution la plus confortable financièrement, puisqu'elle évite toute rupture de revenus.

Bourses et autres sources de financement

Si le contrat de travail n'est pas une option, plusieurs dispositifs de financement existent pour couvrir les frais d'une thèse. En voici les principaux :

  • Le contrat doctoral : financement public attribué par les écoles doctorales, avec une rémunération minimale fixée par arrêté ministériel.
  • Les bourses régionales ou de fondations : certaines collectivités territoriales et fondations privées financent des projets doctoraux dans des domaines ciblés.
  • Les financements d'organismes de recherche : certains laboratoires publics ou instituts proposent des contrats sur projets spécifiques.
  • L'autofinancement par l'activité professionnelle : continuer à travailler, à temps plein ou partiel, pour financer soi-même sa thèse reste une solution courante, notamment pour les doctorats réalisés par passion ou en parallèle d'une carrière déjà installée. 

Dans tous les cas, mieux vaut clarifier son plan de financement avant de s'inscrire : une école doctorale demande souvent des garanties sur ce point.

Comment s'organiser pour réussir sa thèse en travaillant

Mener une thèse en parallèle d'une activité professionnelle relève autant de la méthode que de la discipline personnelle. Les doctorants-salariés qui réussissent partagent souvent les mêmes réflexes d'organisation, qu'il vaut mieux adopter dès le départ plutôt que de les découvrir après plusieurs mois de flottement.

Planifier son temps sur la semaine

La gestion du temps est sans doute le défi numéro un. Plutôt que de chercher de grandes plages de disponibilité (rares quand on travaille à temps plein), mieux vaut instaurer un rythme régulier : une heure par jour en semaine, complétée par un bloc plus long le week-end, suffit souvent à avancer sérieusement. L'essentiel est la régularité, pas l'intensité ponctuelle. Beaucoup de doctorants-salariés témoignent qu'ils ont fini par bloquer des créneaux fixes dans leur agenda, traités avec la même rigueur qu'un rendez-vous professionnel, pour éviter que la thèse ne passe systématiquement après tout le reste.

Choisir son sujet et son directeur de thèse

Un sujet de thèse bien choisi fait gagner un temps précieux. L'idéal est qu'il résonne avec votre métier actuel : vous mobilisez alors des données, des contacts et une expertise déjà en place, au lieu de partir de zéro. Le choix du directeur de thèse compte tout autant. Un encadrant habitué aux profils actifs, disponible pour des échanges réguliers (même courts, même à distance), fera une vraie différence sur la durée. N'hésitez pas à évoquer dès le départ vos contraintes professionnelles : un bon directeur adaptera son accompagnement en conséquence.

Préserver sa motivation sur la durée

Une thèse se compte en années, et la motivation fluctue forcément. Se fixer des objectifs clairs et atteignables, chapitre après chapitre, aide à visualiser les progrès. Chaque petite victoire, comme une publication acceptée ou un chapitre bouclé, mérite d'être reconnue comme telle. S'entourer de pairs, via l'école doctorale ou un réseau de doctorants-salariés, limite aussi le sentiment d'isolement qui guette ceux qui avancent seuls.

Pour vous aider à structurer votre quotidien, voici une checklist d'organisation à adapter selon votre situation :

  • Planning hebdomadaire : bloquer des créneaux fixes et réalistes, y compris les semaines chargées.
  • Espace de travail dédié : s'installer dans un lieu propice à la concentration, séparé du bureau professionnel.
  • Point régulier avec le directeur : caler un échange mensuel ou bimensuel pour garder le cap.
  • Objectifs mensuels : définir une tâche concrète à accomplir chaque mois plutôt qu'un vague horizon lointain. 
     

Faire un doctorat à 40 ans ou à l'approche de la retraite

Non, il n'existe aucune limite d'âge pour s'inscrire en doctorat. Chaque année, des cadres quadragénaires, quinquagénaires, voire des retraités récents, franchissent le pas et soutiennent une thèse. Les écoles doctorales valorisent même ces parcours atypiques, car la maturité professionnelle apporte quelque chose que les jeunes diplômés n'ont pas encore : une vraie expérience de terrain, un réseau déjà constitué et un recul précieux sur les problématiques étudiées. Un cadre de 45 ans qui travaille sur une question liée à son secteur arrive souvent avec des intuitions et des contacts qu'un chercheur plus jeune mettrait des années à développer.

Ce choix implique toutefois des contraintes spécifiques. Concilier vie de famille, responsabilités professionnelles établies et exigences de la recherche demande une organisation rigoureuse, surtout quand on a des enfants ou des parents à charge. La motivation doit rester intacte sur plusieurs années, ce qui n'est pas toujours simple quand les obligations du quotidien s'accumulent.

Deux risques méritent d'être anticipés sérieusement : le burn-out et l'isolement. Travailler à temps plein, gérer une famille et avancer sur une thèse en parallèle peut rapidement épuiser, surtout si aucun temps de récupération n'est prévu. L'isolement, lui, guette particulièrement les doctorants plus âgés, qui se retrouvent parfois en décalage avec des cohortes plus jeunes et moins connectés aux réseaux doctoraux classiques. Quelques solutions concrètes permettent d'y remédier : rejoindre une promotion de doctorants expérimentés, s'accorder des pauses régulières, impliquer son entourage dans le projet et ne pas hésiter à solliciter son directeur de thèse en cas de doute.

Enfin, pour beaucoup, le doctorat devient un véritable projet d'accomplissement personnel, entrepris juste avant ou pendant la retraite, loin de toute logique de carrière. C'est l'occasion de transformer des années d'expertise en une contribution intellectuelle durable.

L'Executive PhD d'Audencia pour les cadres en activité

Face à ce besoin croissant de concilier recherche et vie professionnelle, Audencia a conçu une réponse sur mesure : l'Executive PhD. Ce programme s'adresse aux dirigeants, experts et professionnels expérimentés qui souhaitent franchir une nouvelle étape dans leur parcours, non plus seulement maîtriser leur domaine d'expertise, mais contribuer à en faire évoluer les connaissances et les pratiques.

Concrètement, le format est pensé pour rester compatible avec une activité à temps plein. D'une durée de trois ans, il combine la flexibilité de l'apprentissage en ligne et des sessions en présentiel sur le campus nantais, un rythme qui permet d'avancer sans mettre sa carrière entre parenthèses. C'est cette hybridation qui distingue l'Executive PhD d'un doctorat classique : vous gardez votre poste, votre salaire, et vous construisez votre projet de recherche en parallèle.

L'accompagnement est un autre pilier du programme. Chaque candidat bénéficie du suivi d'un directeur de thèse et profite de l'encadrement d'une faculté internationale, le tout au sein d'un laboratoire de recherche reconnu. Ce cadre garantit une rigueur scientifique réelle, loin d'une simple formation continue déconnectée des standards académiques.

Mais la vraie force de l'Executive PhD, c'est qu'il transforme une problématique issue de votre expérience de terrain en un véritable sujet de recherche original, rigoureux et porteur d'impact pour votre secteur. Vous ne travaillez pas sur une question abstraite : vous approfondissez une problématique stratégique directement liée à votre pratique professionnelle, avec des résultats mobilisables au sein de votre propre organisation.

En rejoignant ce programme, Audencia devient la troisième école française à proposer un Executive PhD. Un signal fort pour les cadres qui cherchent un cadre doctoral à la fois exigeant et parfaitement aligné avec les réalités du monde professionnel.

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